HISTOIRE ET PATRIMOINE

Origine du nom de Boujan :

D'après l'abbé CROS, ancien curé de la paroisse en 1906, Boujan (Bovianum) tirerait son nom de bovium ager (campagne des boeufs), à cause de la grande quantité de ces animaux que nourrissaient jadis sa terre. Bovianum est évidemment le nom du village né de la villa boviana, domaine gallo romain de "bovianus".
Bien qu'elle nous soit plaisante, cette hypothèse est peu probable car l'adjectif bovianus n'est pas latin : le latin connait bovianus, bovilis, bovinus pas bovianus. Un adjectif crée à partir du mot bos ou bovis (boeuf) aurait abouti à bovanus ou boanus non à bovianus. De plus la plus ancienne forme attestée du nom de Boujan est boianum en 937.
La seconde hypothèse est que Boujan (Borianum) aurait un rapport avec les Boies ou Boiens, peuple gaulois qui vivait entre la Loire et l'Alliers, mais cet état des Boiens n'a rien à voir avec les habitants de la narbonnaise.
La seule hypothèse à retenir est que Boujan aurait été créé à partir du nom propre Boius nom du premier propriétaire de la villa Boiana.

Origine du Libron :

Le Libron (flumen lebroutis) vient du mot celte "le broun" ce qui signifie torrent et qui caractérise bien la nature du temps, son débit irrégulier, ses crues spectaculaires, son lit aride les étés secs, ce qui lui vaut d'être comparé aux fleuves algériens (le professeur Imbert dans "les temps modernes" le nomme "le oued-secca").

Notre fleuve étend ses ramifications sur un micro-bassin de 35 km de long et 8 km de large, depuis sa source en amont de Faugères à son grau en aval de Vias. Il se caractérise par un alluvionnement intense sur une rive : le contraste est grand entre l'aridité d'un côté et la fertilité de l'autre.

Les territoires des Cresses, de Saint-Marcel, de Salaisons sont riches en vestiges de toutes sortes (plus de 900 pièces) : silex en forme de lames, pièces à encoches, outils à forer, burins, percuteurs pour donner forme aux outils, grattoirs pour dépecer le gibier, pierres polies, meules, polissoirs, pointes de flèches, objets en céramique et poteries de formes variées, enclumes, objets de métal de l'époque du bronze et du fer, divers objets de l'époque romaine et des matières colorantes pour cuirs et tissus.

On a découvert les restes de 360 fonds de cabanes en forme de fer à cheval avec foyers. Les êtres humains se regroupaient en tribus dans ces abris, on peut estimer la population d'alors entre 2000 et 3000 personnes. Cette hypothèse est renforcée par la présence de nombreux ossements humains, quelquefois dans des tombes, mais aussi d'os de chiens, chevaux, sangliers et surtout de cerfs qui peuplaient alors les bois de la région, moutons et chèvres, boeufs ainsi que d'abondants coquillages marins (tellines, murex, chénopodes, pectens, cardiums, etc...). Ceux-ci étaient acheminés depuis les côtes et nos ancêtres en semblaient friands.

En l'an 937, Boujan qui s'appelait "Boianum" et ensuite "Bovianum" comptait 11 villas gallo-romaines sur son territoire. Ce territoire communal fit partie du diocèse de Béziers qui en assura la gestion et la protection. Le fief fut envahi par les wisigoths au Vème siècle puis par les sarrazins au VIIème siècle.

Jusqu'en 937, il appartient aux comtes de Toulouse qui y possèdent des vignes, des prairies, des terres à blé, des moulins à grains.

Notre église dédiée à Saint-Etienne est reconstruite, sans doute, comme c'est fréquent dans la région, à partir d'une chapelle wisigothique et ce, au XIème siècle, par l'évêque du Chapitre de Saint-Nazaire, Raoul de Béziers.
Vers 1296, les habitants du Languedoc commencent à résister à l'inquisition dont les abus et les massacres exaspèrent tout le monde. Le pays est ravagé par des pillards. Plus de 50 paroisses, dont Boujan, disparaissent dans la tourmente. Les Boujanais décident de se fortifier. Ils creusent deux fossés concentriques autour du village réduit alors au quartier du château. C'est l'origine des villages circulaires du Languedoc, aujourd'hui organisés en associations des "Circulades" dans le but d'aider à leur rénovation.
Quant à l'église du VIIIème siècle détruite et reconstruite à la fin du XIIIème, elle fut détruite à nouveau pour laisser place au monument gothique actuel qui date du XIVème siècle. Il ne reste plus de l'église romane qu'un chapiteau et une colonne de marbre de Saint-Pons. Le clocher quant à lui à été parachevé au XVIIème siècle : la clé de voûte au sommet porte la date de 1666.

Au XIXème siècle, la viticulture s'implante dans le tout Languedoc et engendre une grande richesse pour la région. De nombreux châteaux dont certains, un peu prétentieux, sont appelés "folies du XIXème", furent alors édifiés. Certains, tout près de notre village, témoignent de cette époque de faste, de fêtes et de vie facile du Midi viticole.

Pour en savoir plus sur les circulades...

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